La conférence d’Annapolis, organisée par l’administration Bush, s’est achevée il y a une dizaine de jours. Les négociations bilatérales israélo-palestiniennes proprement dites sont annoncées pour le 12 décembre et sont supposées aboutir à un accord de paix dans les 12 mois. Les représentants israéliens laissent d’ores et déjà entendre qu’ils ne sont pas liés par ce délai.
Dans la déclaration d’Annapolis il manque toute référence au droit international, aux conventions de Genève, aux résolutions onusiennes, à l’avis de la Cour Internationale de Justice au sujet du mur israélien. Pour le suivi du processus, les Etats-Unis et Israël ont réussi à écarter les Nations Unies et l’Union Européenne.
Pendant ce temps à Gaza, suite au blocus israélien, les médicaments, les vivres, le matériel scolaire, l’électricité manquent crucialement, les malades meurent, des centaines d’étudiants sont empêchés de rejoindre leur université en dehors de Gaza, les entreprises, sans matières premières, ferment : chômage et misère atteignent des proportions jamais vues. Selon la Banque Mondiale, 87% des Gazaouis vivent entre-temps sous le seuil de la pauvreté. Depuis le 15 juin 2007, 910 roquettes ont été tirées sur Israël, blessant 75 Israéliens (6 civils, dont 1 enfant, et 69 soldats). Pendant la même période 142 Palestiniens sont morts, dont 12 enfants, et 293 personnes ont été blessées suite aux attaques israéliennes (selon un rapport des Nations Unies du 28 novembre 2007).
Pendant ce temps à Jérusalem, les Palestiniens sont le dos contre le mur et les colonies juives s’étendent en direction de la plaine du Jourdain. Le 4 décembre, une semaine après l’ouverture d’Annapolis, Israël annonce l’extension de la colonie Har Homa avec la construction de 300 nouveaux logements, alors qu’il est censé geler toutes nouvelles constructions dans les territoires palestiniens occupés.
Pendant ce temps en Cisjordanie, les incursions de l’armée d’occupation continuent nuit après nuit, des centaines de check points, de colonies, de routes réservées aux colons morcellent le pays. Depuis l’annonce de la réunion d’Annapolis le 16 juillet dernier, Israël a arrêté quatre fois plus de prisonniers qu’il n’envisage d’en libérer comme « geste de bonne volonté ».
Au-delà des belles émotions affichées, des grandes déclarations, des photos représentant George Bush en homme de paix, Annapolis risque de rester un non-événement, voire un écran de fumée masquant les faits accomplis et la désagrégation systématique et continue de la Palestine. Les Palestiniens sont encore davantage rejetés dans leurs divisions internes, leur processus démocratique est plus encore marginalisé. Sous peu, la création d’un Etat palestinien digne de ce nom, sera devenue tout simplement impossible, physiquement et politiquement.
Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient