22 Avril 2008
(GP) Luxembourg - Lors d’une conférence de presse, 18 organisations luxembourgeoises ont présenté leurs demandes au gouvernement contre l’utilisation des agro-carburants. Pour le Cercle de Coopération et les autres organisations, les agro-carburants sont en partie responsables des problèmes socio-économiques néfastes qui sont actuellement vivement discutés à cause de la crise alimentaire mondiale.
L’utilisation des agro-carburants engendre également de sérieuses menaces pour la protection du climat. Loin du cliché du "bio-carburant" présenté comme solution contre le changement climatique provoqué par l’utilisation des combustibles fossiles, les agro-carburants représentent une vrai "bombe à retardement" qui risque d’exploser.
À l’origine, les agro-carburants sont produits à partir des plantes oléagineuses (soja, colza,palme), les céréales (mais, blé) ou encore les plantes sucrières (canne à sucre, betterave). Pour couvrir notre future demande en agro-carburants qui devrait selon la Commission européenne représenter 10% des carburants utilisés dans nos voitures en 2020, les régions tropicales, comme le Brésil ou l’Indonésie, se sont mises à raser leurs forêts vierges pour les remplacer par des plantes destinées à la production d’agro-carburants. Les forêts vierges stockent d’énormes quantités de carbone sous forme de végétation et d’humus dans le sol. En remplaçant les forêts vierges par des monocultures agricoles, ces quantités de carbone sont rejetées dans l’atmosphère. Rien que par sa déforestation, l’Indonésie est devenue le troisième émetteur mondial de CO2 après les Etats-Unis et la Chine. Le Brésil est le numéro 4 sur la liste.
Lorsque les mono-cultures sucrières ou de soja remplacent l’agriculture paysanne, la production de bio-carburants met du feu aux conflits ruraux qui déjà actuellement provoquent la mort vioente de milliers d’agriculteurs à travers le monde. L’exode rurale qui en est le résultat quand le population rurale s’appauvrit durablement ne fait qu’ajouter au problème des agglomérations citadines. Les ruraux se retrouvent dans les bidonvilles sans perspectives d’améliorer leur sort. La baisse de la production vivrière dans l’arrière pays ne fait qu’empirer la situation sur les marchés alimentaires.
La proposition de la Commission européenne visant à inclure dans la future directive pour la promotion des énergies renouvelables un taux obligatoire de 10% d’agro-carburants dans le secteur du transport est actuellement en débat à tous les niveaux européens, au Parlement, au Conseil et à la Commission.
Vu les conséquences dramatiques que cet objectif aurait sur la protection du climat ainsi que sur les populations des pays en développement, les organisations demandent au gouvernement luxembourgeois et à la Chambre des Députés de demander la suppression de cet objectif.
Soutiennent la plateforme contre les agro-carburants :
Action Solidarité Tiers Monde, Archevêché de Luxembourg, Bridderlech Deelen, Caritas Luxembourg, Cercle de Coopération Luxembourg, Eurosolar Lëtzebuerg, d’Haus vun der Natur, Hëllef fir d’Natur, Greenpeace Luxembourg, Klimabündnis Lëtzebuerg, Lëtzebuerger Natur-a Vulleschutzliga, Luxemburger Kommission "Justitia et Pax", Mouvement Ecologique, Natura, SOS Faim Luxembourg, Transfair Minka, Veräin fir biologesch-dynamesch Landwirtschaft Lëtzebuerg (Demeter Bond), Verenegung fir biologesche Landbau Lëtzebuerg (bio-LABEL).